Les fusillés du bois de Boulogne à Dax
La stèle du Bois de Boulogne à Dax

Les fusillés du bois de Boulogne à Dax

Ces hommes ont été arrêtés lors de l’attaque du maquis de Téthieu par les troupes allemandes le 11 juin 1944.

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Actes de décès de Jacques Dumas, Jean-Baptiste Capdeboscq, Charles Bouzats et André Anne – AD 40

André ANNE

André Marcel ANNE est né le 22 février 1924 à Equeurdreville (Manche), fils naturel de Louise ANNE (1886-1964). Il est comptable, célibataire. Réfugié du Havre lors de la débâcle, alors employé aux Mines de Potasse, il vit 21 rue Fournadet, chez son père adoptif François DALS, employé des contributions indirectes.

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André Anne lors de sa communion – Geneanet

Il aimait les mélodies de Beethoven.

Ayant rejoint le maquis de Téthieu, il est fait prisonnier à Candresse le 11 juin 1944 et condamné à mort le 12 par un Conseil de guerre allemand siégeant au collège de Jeunes filles de Dax.

Il est fusillé avec ses 3 camarades le lendemain à la clairière du Bois de Boulogne à Dax. Ils sont inhumés, avec trois autres maquisards tués dans l’attaque du maquis de Téthieu : Gaston Joseph Daleau, Léon Labat, Eugène Joseph Moreau, le 14 juin au cimetière de Dax.

Ils sont déclarés morts pour la France.

Son père adoptif n’acceptant pas le verdict d’acquittement du responsable de l’exécution de son fils, lui tire dessus au pistolet à la sortie du tribunal de Toulouse.

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19 mars 1948 – Gallica

Un commandant allemand qui avait fait fusiller des maquisards est acquitté pour la seconde fois par un tribunal militaire.

Le commandant allemand Reutter vient ne comparaître devant le tribunal militaire de Bordeaux pour avoir fait condamner à mort et fusiller près de Dax quatre maquisards.

Il avait déjà comparu pour ce fait le 27 novembre 1947 devant le tribunal militaire de Toulouse, qui l’avait acquitté. La défense avait soutenu que les quatre victimes, ne portant pas de brassard, pouvaient être considérées comme francs-tireurs. Ce jugement fut cassé.

Le père de l’un des maquisards, M. Dals, avait tiré sans l’atteindre sur l’officier allemand. Il devait subir par la suite deux mois de détention.

Devant le tribunal militaire de Bordeaux M. Dals a renouvelé ses accusations, et le commissaire du gouvernement a requis une condamnation, contrairement à son collègue de Toulouse.

Mais le tribunal a répondu négativement à toutes les questions, et le commandant Reutter a été à nouveau acquitté.

https://www.lemonde.fr/archives/article/1948/11/12/tribunaux_1911127_1819218.html

Charles BOUZATS

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Marguerite et Charles Bouzats (Photo Mairie de Dax, DR)

Il naît le 9 novembre 1895 à Solférino, fils de Joseph, garde domanial, et de Jeanne Tachoires.

Blessé et cité pendant la Première Guerre mondiale, décoré de la Croix de Guerre.

Après un passage par le Sénégal, il s’installe à Dax en 1932, où il est pâtissier-glacier, marié en 1933 avec Marguerite Amélie dite « Suzanne LABORDE, de Peyrehorade (1901-1989), sans enfant et vit à Dax, 6 rue Saint-Pierre.

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Photo Mairie de Dax, DR

Il a aussi reçu la Médaille de « Juste parmi les nations » pour avoir caché, au péril de sa vie, Léa Kaluski.

Sa veuve s’installe à Peyrehorade.

Jean CAPDEBOSCQ

Jean-Baptiste Gustave François Capdeboscq naît 31 mars 1913 maison Mestre, quartier Bertranotte, rue Jean le Bon à Dax, fils d’Amant, menuisier (« amputé du bras droit par suite d’accident), et de Marguerite Lafitte, couturière. Comme son père il est menuisier, mineur aux Mines de Potasse pendant la guerre, célibataire. Il est domicilié à Dax, boulevard Hippolyte Sintas, chez ses parents.

Jacques dit « Jacky » DUMAS

Jacques Louis DUMAS est né le 16 août 1923 à Dax, 6 rue du Pribat, fils d’Henri, voyageur de commerce, et de Charlotte CIBE, tailleuse de robes. Il devient employé de commerce, mais est employé aux Mines de Potasse pendant la guerre, célibataire, domicilié chez ses parents.

Si doux et si aimable, qui était l’ami de tous.

Le 11 juin 1944 vers minuit à Candresse, sur la route de Montfort, à hauteur de la ferme Lansuzan (à la limite d’Yzosse), un accrochage se produit entre une patrouille de feldgendarmes et un groupe de résistants (groupe de St-Pandelon) revenant d’un sabotage et se dirigeant vers le maquis de Téthieu. Parmi eux le frère aîné de Jacky DUMAS, Charles surnommé « Misse ». Deux feldgendarmes sont tués, un troisième blessé par l’éclatement d’une grenade. L’alerte est donnée, des troupes allemandes arrivent (une vingtaine d’hommes au total). Deux résistants sont faits prisonniers (Jean CAPDEBOSCQ et Jacky).

« Misse » DUMAS est blessé d’une balle qui lui traverse la mâchoire, ressortant à quelques millimètres de l’oreille… Il se réfugie dans une ferme voisine et échappe à l’arrestation, caché entre le sommier et le matelas d’un lit. Il rejoint Goos où il est soigné par le docteur Carrère.

Interné à la prison de Dax, Jacky est condamné à mort le 12 par un Conseil de guerre allemand siégeant au collège de Jeunes filles de Dax. Il est fusillé avec ses 3 camarades le lendemain à la clairière du Bois de Boulogne à Dax.

Une stèle avec le nom des 4 résistants a été érigée au Bois de Boulogne à Dax.

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La stèle du Bois de Boulogne à Dax

Sources

Sources :