Dominique André Marcel MEILLAN est né le 17 novembre 1910 à Soustons, fils de Jean, ouvrier-scieur au quartier de la Gare, et de Marie LALAGÜE.
Il perd son père à l’âge de 13 ans.
Il devient ouvrier-charpentier.
Engagé volontaire en 1929 à Bayonne, il effectue son service militaire jusqu’en 1932 (dans une compagnie d’engins et transmissions).
Il se marie le 26 janvier 1934 à Soustons avec une soustonnaise, Henriette Maria ADÉLAÏDE (1915-2015). Ils ont sept enfants.
Ils habitent au Cousturé, quartier de La Bagnère. Marcel est ouvrier-bouchonnier chez Pontneau.
Il est mobilisé en septembre 1939 au 488e Régiment de pionniers coloniaux (travaux de génie).
Il intègre le groupe de résistance de Soustons (Libé-Nord) dans la compagnie DOUSSY (Joseph DOUSSY, de Magescq, créateur du groupe cantonal de résistance de ce mouvement).
Le 23 août 1944, il participe à un coup de main contre le dépôt de matériel et munitions allemand de la forêt de Tosse ; les Allemands, surpris, se rendent, et le groupe s’empare en particulier d’un char Renault R35 (après déminage) ainsi que de son essence, et passe la nuit à St-Geours-de-Maremne.

Le 24, sur la Nationale 10, ils font jonction avec des groupes FFI venus de Mont-de-Marsan et Dax (capitaine TRAMOND, lieutenant L’HUILLIER, du Bataillon CLAVERIE de la Brigade CARNOT, appartenant au Corps Franc Pommiès) et reçoivent l’ordre de se diriger sur Bordeaux.
En début d’après-midi, sans tirer un coup de feu, la cinquantaine d’hommes va libérer le camp de prisonniers de guerre coloniaux de Laharie (Frontstalag 195, en bordure de la Nationale 10).



Les récits, y compris d’acteurs de cet évènement, divergent parfois. Il semble que la libération ait eu lieu en plusieurs temps.
Des contacts avaient auparavant été établis entre la résistance et les officiers français encadrant les soldats coloniaux pour envisager leur intégration aux FFI, mais les Allemands sont toujours présents, et le camp peut représenter un verrou sur la route de Bordeaux.

Vers 13 heures, un groupe d’une quinzaine d’hommes de la compagnie L’HUILLER approche du camp par les champs et, aux abords de la maison Malartic, avisant un jeune garçon de 14 ans (Jean-Louis BRUN), l’envoie en reconnaissance vers le camp. Il ne peut en effet éveiller la méfiance des gardiens, qui le côtoient quotidiennement. De plus, sa maison « accueille » le logement du commandant du camp. Il revient en indiquant que le camp est en état de défense (miradors avec fusils mitrailleurs, une mitrailleuse a même été mise en batterie…). Les Allemands sont sans doute en état d’alerte depuis les évènements de la veille. Croyant à une attaque de la résistance, des Allemands en retraite avaient en effet abattu Mme LAMAISON et blessé son mari, qui habitaient en face de Malartic.


Un « commando » composé de L’HUILLIER, TARDITZ alias « Le Tatoué » et un Alsacien devant servir d’interprète, renseigné par le jeune BRUN, surprend alors le commandant du camp dans sa chambre à la maison au moment de la sieste. L’homme, en petite tenue, mis en joue, a qui l’on fait croire que des centaines de résistants encerclent le camp, est emmené par les résistants en direction du stalag et obtient sans difficultés la reddition de ses hommes.
Quelques minutes plus tard, les hommes de Soustons et d’autres FFI (une quarantaine), avançant dans les fossés de la Nationale, pénètrent par une porte latérale sous la protection du char pris à Tosse. Ils sont guidés par le médecin-capitaine (français) du camp.
Vers 14h30, une quinzaine d’Allemands sont faits prisonniers, environ 1.000 à 1.500 Sénégalais, Algériens, Marocains et Sud-africains libérés, laissant exploser leur joie : ils offrent un sac de cigarettes à leurs libérateurs, brisent les barbelés, montent sur les toits des baraques, s’égaillent dans la forêt. Pas un coup de feu n’a été tiré, si ce n’est des salves de joie. Il semble qu’il s’agisse du premier stalag d’Europe libéré (M. Goubelle)…
Les soldats allemands, alignés au bord de la route, sont fouillés, et c’est Marcel MEILLAN qui récupère le pistolet et la baïonnette de parade du commandant. Une dizaine d’années plus tard, ce dernier reviendra « en pèlerinage » à Malartic.


Les prisonniers allemands sont embarqués en fin de journée en direction de Mont-de-Marsan. Une bonne partie des détenus coloniaux libérés sont recrutés par le capitaine TRAMOND afin de former un bataillon.

La compagnie prend ensuite la direction du nord par Labouheyre, Belin et, après avoir stationné à Pessac, puis à la caserne Latour, elle est envoyée combattre sur le front du Médoc (réduit allemande de la Pointe de Grave, secteur de Hourtin, Vendays, Montalivet), qu’elle rejoint le 26 août au soir. Elle intègrera ensuite le « Bataillon Léon des Landes », puis le 34e R.I. reconstitué. Marcel MEILLAN est blessé à Montalivet.





Il est décoré de la Croix du Combattant Volontaire et de la Valeur militaire.
En 1996, il enregistre son témoignage pour le Musée de la Résistance de Mont-de-Marsan (futur C.P.R.D.). Vous pouvez le retrouver (avec celui de Jean DUFOUR) sur la chaine du C.P.R.D., première et seconde partie.
Marcel MEILLAN est décédé le 11 janvier 1999 à Dax.