Le maquis espagnol de Saint-Lon-les-Mines

D’avril 1944 à janvier 1945, un « maquis » composé essentiellement de « guérilleros » espagnols, anciens combattants républicains de la Guerre d’Espagne, s’est installé sur les coteaux boisés aux confins des communes de Saint-Lon-les-Mines, Cagnotte et Siest. Si ces hommes aguerris ont combattu les Allemands, ils se sont aussi signalés par un certain nombre d’exactions, en particulier au moment de la Libération.

D’avril 1944 à janvier 1945, un « maquis » composé essentiellement de « guérilleros » espagnols, anciens combattants républicains de la Guerre d’Espagne, s’est installé sur les coteaux boisés aux confins des communes de Saint-Lon-les-Mines, Cagnotte et Siest. Si ces hommes aguerris ont combattu les Allemands, ils se sont aussi signalés par un certain nombre d’exactions, en particulier au moment de la Libération.

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Drapeau des Républicains espagnols

A la fin du mois de mars ou au début du mois d’avril 1944, au cours d’une entrevue au P.C. des FTPF de Dax, chez Marguerite SOULU (épouse du mécanicien COUDANNE, et sœur du résistant Emile SOULU, d’Orthevielle), le capitaine ROUSSEL (responsable régional) donne des ordres à Paul ROBERT alias « Thomas », responsable local, pour recevoir un groupe FTP de guérilleros espagnols venus de la région de Houeillès (Lot-et-Garonne). Ce maquis a été créé par Mateo BLAZQUEZ RODRIGUEZ alias « Marta », commandant du Bataillon « Arthur », et est en lien avec les maquis de Vielle-Soubiran et Lencouacq. Ces groupes dépendent de l’Union Nationale Espagnole et sont rattachés, en théorie, au commandement FFI (après le débarquement). Ils forment la 13e Brigade de la 24e Division de guérilleros espagnols. C’est le groupe de FTP de la région de Peyrehorade qui est chargé de les accueillir.

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Le chef de ces guérilleros est Antolin (alias Agustin) SANCHEZ (-SAN JULIAN ?) dit « le capitaine François », « ancien mitrailleur de l’aviation républicaine, un peu tête brûlée, à qui nous n’aurions jamais donné le commandement du groupe si nous avions connu son comportement en Bretagne, avant qu’il ne soit muté dans notre région » (témoignage de « Marta »). Il s’agit peut-être de la répression qui toucha les guérilleros espagnols de Bretagne à la suite de l’attentat commis en janvier 1944 contre le cinéma Le Royal de Rennes, réservé aux troupes d’occupation. Dans le groupe, on trouve également Angel ARIAS alias « lieutenant LISBOA », ex-chef du maquis de Vielle-Soubiran
Ces hommes veulent lutter contre les Allemands, mais aussi disposer d’une base relativement proche de la frontière espagnole, car ces Républicains n’ont pas abandonné l’idée de reconquérir leur pays natal. Il s’agit donc d’un maquis FTP-MOI, mais ils entrent en contact avec les FTP de la région. Ils se rencontrent dans un bois de chênes proche de Bélus.
Les résistants locaux sont issus pour la plupart du groupe créé par Paul MANAUTHON, démantelé en 1943. A la fin de cette même année, quelques hommes s’organisent à nouveau, autour de Bernard « Aurélien » LANUSSE (Heugas), Alfred Jean LALANNE (Orthevielle), Noël LAPLACE (de la maison Bélair à Bélus, réfractaire au STO, embauché, grâce à l’intervention de LALANNE, comme mineur à St-Lon pour récupérer des explosifs), Robert PIET (né à Heugas), Gérard LABEYRIOTTE, etc.

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Noël LAPLACE

Des contacts sont également établis avec l’Armée Secrète, Groupe Léon des Landes. Ainsi Gilbert DUPOUY de la ferme « Bignaou » à Heugas (lieu de rencontre de résistants), scieur dans une entreprise forestière à Heugas, livre avec Gaston AUGÉ un lot d’armes et de munitions (qui leur a été remis par Léon des Landes), au capitaine « François », en forêt de St-Lon.
Les Espagnols s’installent dans des fermes. Le groupe se déplace dans les bois et barthes des rives du Bassecq, de Siest jusqu’aux forêts de chênes des coteaux de St-Lon. Leur principal « dortoir » est au Moulin de Siest, leur camp de base à 200 m de là, sous un promontoire rocheux où se fait la popote.
Noël LAPLACE, Gérard LASSERRE (de Siest) et d’autres (famille MATHIEU de Cagnotte) sont chargés du ravitaillement et des liaisons. Des agriculteurs de Siest et de Heugas les ravitaillent (comme Auguste TRICHET, qui fait le pain, etc.).
Le groupe compte une cinquantaine d’hommes parmi lesquels une dizaine de Français (mais il aurait compté au moment de la Libération jusqu’à 300 hommes…).

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Les hommes de ce maquis sont imbus d’une espèce de mystique et ne doivent donner des comptes qu’à leurs chefs.

Rapport d’ l’inspecteur Duverger, octobre 1944.

J’entendis parler d’un maquis situé dans les bois entre les communes de Saint-Lon-les-Mines et Cagnotte. M. Duthil me conduisit sur son vélo jusqu’à la ferme de M. Lescoulié, qui me mit en contact avec Jean Martiarena, membre du groupe. J’appris alors qu’il s’agissait d’un groupe de guérilleros espagnols. C’est les yeux bandés que je fus conduit dans le maquis, où j’eus à subir un interrogatoire extrêmement sévère, et même inquiétant. Mon ralliement aussi spontané semblait être suspect, et j’eus beaucoup de mal à me faire admettre. Au bout de quelque temps cependant, on me confia un tour de garde.
Deux jours plus tard, un autre Français vint me rejoindre. Il s’appelait Xavier Duprat. Il habitait Peyrehorade. C’était un homme courageux qui avait eu des difficultés sérieuses avec les troupes d’Occupation. Son séjour dans le maquis devait, hélas, être de courte durée. En revenant d’une patrouille, sa mitraillette accrocha une branche et la rafale passa très près du capitaine François qui marchait devant lui. Fou furieux, l’Espagnol se retourna, très menaçant. Le lendemain Duprat repartit en patrouille avec d’autres guérilleros mais il ne revint pas. Cela creusa en moi un malaise profond qui devait durer jusqu’à la Libération. D’autres affaires du même genre devaient, hélas, se reproduire.
Quelques jours plus tard, le responsable cantonal des FTP, M. Lalanne, accompagné de Noël Laplace, amena au maquis deux déserteurs ukrainiens évadés quelques jours plus tôt d’un dépôt de munitions situé à Orthevielle. M. Lalanne jugea très sévèrement l’action du capitaine François.

Témoignage de Jean LESCOURET, résistant à Bayonne, réfugié chez sa grand-mère à Peyrehorade au printemps 1944

Une première alerte se produit début juin 1944, quand le capitaine de gendarmerie LEYRAT (et un fort détachement allemand) perquisitionne des maisons suspectes et fouille la forêt de St-Lon (sans succès). Noël LAPLACE a été arrêté le 17 mai à St-Lon (une vague d’arrestations décime une grande partie du groupe MANAUTHON), ainsi qu’Auguste DUBOUÉ, réfractaire au STO à St-Lon, après que les Allemands aient découvert un fusil dans la maison où il s’était réfugié.

Il semble que l’activité résistante du groupe s’intensifie au mois de juillet :
Le 8, une camionnette, volée aux Mines de potasse de Dax, est retrouvée en bordure d’un bois à Siest.
Le 15, il semble que le groupe participe à l’attentat contre le dépôt d’essence de la Standard Oil à St-Paul-lès-Dax.
Dans la nuit du 20 au 21 1944, entre minuit à 5h45, se déroule une importante opération de sabotage de la mine de lignite de St-Lon, qui est inondée, et 300 kg d’explosifs sont enlevés par une trentaine d’hommes (la production ne put reprendre qu’après la Libération).

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La mine de Saint-Lon


Le capitaine « François » est en liaison avec quelques cheminots. Ceux-ci I’informent qu’un train allemand se dirige de Bayonne à Bordeaux. « François », place alors sur la voie une certaine quantité d’explosifs reliés à un dispositif spécial grâce auquel le passage du train provoquerait l’explosion. Tout le groupe attend à proximité pour observer les effets du sabotage quand, au lieu du train attendu, on voit apparaitre une locomotive sans wagons. « François », au risque de sa vie, saute sur la voie et retire le dispositif pour laisser passer la locomotive, puis il le remet en place. Quand le train arrive, l’explosion a lieu, occasionnant d’importants dégâts aux Allemands.
Le 26 juillet, deux Nord-africains, membres du maquis de St-Lon, importunent deux jeunes filles à vélo sur la route, à 500 m du camp. Pour avoir ainsi attiré l’attention sur le maquis, ils sont exécutés par les Espagnols (la fosse est retrouvée plusieurs mois plus tard, dans un bois en limite de St-Lon et Siest). L’un des deux, Alca BELCHEMI, blessé, réussit à s’enfuir (en s’aidant d’un pieu comme béquille) et à se réfugier chez le maire de Siest. Transporté à Dax, il est interrogé par LEYRAT, qui organise une opération dès le lendemain 27 juillet.
LEYRAT intervient avec 3 gendarmes et des Allemands, restés sur la route avec des fusils mitrailleurs en batterie. Ils interpellent M. LAVIELLE, habitant la dernière ferme avant le moulin de Siest. Mais les maquisards ont eu le temps de se retirer dans les bois aux alentours du moulin, dans lequel LEYRAT se contente de jeter une grenade.

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Ruines de moulin de Siest


Le 12 août le maquis détruit deux bus servant au transport des Allemands, à proximité du bourg de St-Lon.

Des individus armés de mitraillettes ont enlevé chez un boulanger 60 kg de pain. Chez un buraliste, ils ont enlevé le tabac, puis ils ont détérioré deux cars servant au transport des Troupes Allemandes.

Mais il est parfois difficile de faire la distinction entre actions de résistance et exactions du maquis de St-Lon, en particulier juste avant et après la Libération.

Ainsi, le 13 août 1944 deux maquisards se présentent chez les frères de Lucie M… épouse P… pour leur demander où elle se trouve exactement. Le soir, les deux hommes arrivent à la maison « L… », où elle réside avec un officier allemand dont elle partage la vie (son mari est prisonnier de guerre en Allemagne, elle a un enfant de 6 ans). L’un d’eux l’interpelle en français mais avec un accent étranger. Mme P., qui se trouvait en compagnie de Mme B., répond : « Mme P., c’est moi. ». Invitée à les suivre, elle demande la faveur de prendre un manteau, que lui prête Mme B. Quelques instants après, le chantre de Saint-Lon la voit passer, les yeux bandés, encadrée par huit hommes en armes. Elle est exécutée le 14 dans les bois avec son compagnon. Selon un témoin, Mme P… aurait été libérée par le commandant « François », mais exécutée par le fils M…
On dit le capitaine François « parfois débordé par ses troupes » (« le commandant du maquis regrette l’exécution de ces Français par ses hommes, mais il n’a pu les empêcher » dit un rapport de l’inspecteur Duverger).
Le 22 août, les mêmes hommes arrêtent Maurice L… (forgeron à St-Lon, ex-secrétaire de mairie), ainsi que sa fille Antoinette épouse B… (dont le mari est également prisonnier en Allemagne). Leur épouse et mère avait été, elle, écrouée à la maison d’arrêt de Dax.
Le même jour au soir, ils procèdent à Port-de-Lanne à l’arrestation de Charles D…, syndic communal de la Corporation Paysanne, « ayant rendu de grands services à la Résistance », et de son fils Jean, ainsi que de leur domestique G… , d’origine espagnole, et qui les aurait dénoncés comme « membres de la Gestapo ». Ils sont arrêtés avec leur beau-frère Marcel B… par un espagnol et par Michel M… fils (né en 1921 à St-Lon). Conduits à la ferme Beyliot (à Cagnotte), détenus dans un grenier, ils sont interrogés (par le commandant « François » ?). La maison de Charles D… est pillée, en présence de Michel M… père (né en 1893 à Lahonce, d’origine espagnole, mineur, domicilié à Saint-Lon).
Toujours le 22, M. G…, comptable de la Mine de St-Lon est aussi arrêté, ainsi que les dames L… de St-Lon.
MM. L… et D…, ainsi que Mme B… sont exécutés le 23 à la mitraillette et enterrés à proximité de la ferme « Brouchet » (à Cagnotte), où réside une partie de la famille M…
Sans doute mis au courant, le 23 ou 24, « le chef des FFI de Dax » (Léon des Landes ?) vient rencontrer les guérilleros à leur PC de la ferme Beyliot et, semble-t-il, obtient du capitaine « François » la libération de MM. B… (conduit à Dax), G… et G…, ainsi que des dames L…

Le 18 septembre, le dénommé M. Henri, demeurant à Pey, vint déclarer à l’inspecteur Grués que des jeunes gens avaient aperçu dans le bois [entre le bourg de St-Lon et la mine, dans un bois près de la mine, en bordure d’une haie] trois [en réalité quatre] corps humains en état de putréfaction.
Aussitôt, je rendis compte au parquet de Dax de cette découverte. Le 2 octobre, je me rendis à Saint-Lon à l’effet de procéder à une enquête. Le commandant [François] que j’avais alerté par téléphone, pour qu’il me fournisse des explications, me déclara qu’effectivement des personnes exécutées n’avaient pas été suffisamment couvertes de terre, mais depuis elles avaient été exhumées, les restes brûlés à l’aide d’essence minérale [une équipe spécialisée est venue de Bayonne].
Je fis un rapport, et copie fut adressée à M. le préfet. M. le chef des FFI et à M. le président du CDL à Mont-de-Marsan. « 
Dax le 3 mars 1945

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Les 5 actes de décès (Mme M…, M. L… et sa fille Mme B…, MM. D… père et fils) furent transcrits le 23 juillet 1945 sur les registres de la commune de Cagnotte (avec rectificatif pour MM. D… le 18 août).
A Cagnotte, on aurait également découvert dans une fosse commune les corps de 9 Allemands.

Le 27 août (et jusqu’au début du mois de janvier 1945), les maquisards espagnols de St-Lon viennent habiter au bourg. Une centaine d’hommes s’installe au château du Prada, appartenant à M. D… (qui s’est mis à l’abri à Pey suite à l’arrestation de Mme P…, puis à Salies ; la demeure subit des pillages, réprimés par l’officier espagnol), à la maison « Davera », l’état-major (capitaine « François ») dans une partie de la maison de Mme P…, ainsi qu’à la maison de M. L….

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AD 40


Entre le 28 août et le 1er septembre les biens de M. B…, propriétaire et adjoint au maire de Heugas, sont pillés par trois hommes armés. Ce ne serait pas le maquis espagnol de St-Lon qui aurait été à l’œuvre, mais un groupe d’étrangers de la région de Navarrenx…
Début septembre, on découvre une nouvelle fosse contenant un cadavre dans le Bois de Six, à quelques dizaines de mètres du château du Prada. Mais elle n’est ouverte qu’en juin 1945.

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Procès verbal du 9 juin 1945 – AD 40


Si certaines exactions sont incontestables, il en est d’autres qui sont faussement attribuées aux Espagnols. Ainsi le 6 septembre à Dax M. VIGNEMAYOU, charcutier à Navarrenx, réfugié chez ses parents, disparaît en se rendant à un repas au Splendid. La rumeur dit qu’il aurait été exécuté par des Espagnols à Navarrenx, mais deux ans plus tard, son corps est retrouvé dans l’Adour et il apparaît qu’il a été tué par des membres de la Résistance locale…

Les Français du maquis de Saint-Lon se séparent des Espagnols à la libération et rejoignent à Dax le groupe « Brenner », commandé par le capitaine GILBERT et le lieutenant LEFÈVRE, qui s’était formé à Anglet. Ils participeront à la libération de Bordeaux, combattront en Charente-Maritime, et pour certains jusqu’en Allemagne.


Lors d’une réunion de résistants à l’Atrium après la Libération, suite à la dénonciation de Joseph de L… (du château de C…) comme faux résistant, le capitaine « François » s’exclame :

« Yé fé ouna proposicion : qu’on lé fousille tout de souite ! ».

Il y eut un départ précipité dans la salle…
Le 10 septembre, le groupe « François » participe aux Fêtes de la Libération à Dax, le 7 octobre à la cérémonie lors de la visite du Général DRUILHE à Dax.


Le 1e novembre 1944, le comité départemental de l’UNE est présent à la cérémonie « à la mémoire des fusillés français » à Dax. Une gerbe de fleurs aux couleurs des Républiques française et espagnole est placée sur la tombe des résistants tués par les troupes allemandes.
Des scènes similaires se répétèrent dix jours après lors des cérémonies du Jour de l’Armistice, un groupe de guérilleros et I’UNE déploient le drapeau de la République espagnole.
Un meeting est organisé à Dax par cet organisme le 26 novembre. La salle est décorée des trois couleurs françaises réunies sous l’inscription «L’Union nationale espagnole rend hommage à ses frères français » et d’une autre bannière disant « Hier, aujourd’hui et demain, toujours Union ».

Mais les « groupes espagnols » du département sont alors l’objet d’une surveillance accrue.
Le 19 septembre, un rapport signale la présence de membres du groupement anarchiste espagnol « Groupe Libertad », qui cherchent à se procurer des armes.
Les effectifs du maquis de St-Lon (sans doute grossis par des Espagnols issus des GTE libérés) sont estimés à 223 hommes à la date du 29 septembre, et l’on signale aussi des groupes à Saubusse et Josse (500 hommes au total pour les trois groupes en décembre). Début novembre à Josse, les Espagnols exigent de la municipalité de loger 350 hommes.


Le 16 octobre 1944, le Général de Gaulle reconnait le gouvernement du Général Franco, mais le 19 débute la tentative d’invasion du Val d’Aran, connue sous le nom de code Operación Reconquista de España (« Opération Reconquête de l’Espagne »), lancée par la Unión Nacional Española. C’est rapidement un échec.


Le préfet des Landes annule un meeting de la Junta Española de Liberacion, prévu le matin du 12 novembre, qui devait être consacré à une discussion autour de la lutte contre Franco et le fascisme. La réunion prévue ce soir-là est, par contre, autorisée et le maire y assiste.
Début novembre, les exactions dans la région de Dax cessent.

Au tout début du mois de janvier 1945 (vers le 5 ?), le groupe de guérilléros quitte la région par la gare de Peyrehorade.
Des camionneurs de St-Lon et Bélus sont réquisitionnés par les guérilleros pour un transport de matériel à l’Hôpital-hospice de Mirande et à l’Isle-de-Noé (Gers). Il s’agit d’explosifs provenant de la mine et du dépôt allemand d’Orthevielle, de ravitaillement, peut-être de matériel de couchage…


En novembre 1944, « Marta » a été nommé commandant du 9e Bataillon Espagnol de Sécurité basé à Mirande.
Mais le 30 janvier 1945, l’ex-commandant « François » est arrêté sur ordre des guérilleros de la 102e brigade (Pau).
Il disparait « avec son groupe de 30 maquisards en Espagne en combattant Franco, sans doute exécuté sur ordre des responsables républicains espagnols ».

Il est évident que les guérilleros qui, ailleurs ont combattu avec une grande efficacité et contribué à libérer de nombreux départements du Sud de la France, n’ont pas bonne presse dans les Landes à la Libération. Les méfaits commis par certains maquis et par des groupes d’Espagnols incontrôlés auxquels ils sont amalgamés ont, ici, terni fortement l’image des guérilleros et parfois même jeté un discrédit sur l’ensemble des forces de la Résistance.


Sources :

CR-Rom du CPRD

Archives du CPRD

Bulletin d’information intérieur de l’Amicale des anciens guérilleros espagnols en France (F.F.L.), 3e trimestre 1979 n°8

SOO (S.), « Mémoire d’exil comme moyen de lutte antifranquiste : les Républicains espagnols dans le Sud-Ouest de la France, 1944-1950 », dans Résonances françaises de la guerre d’Espagne, Editions d’Albret (Amis du Vieux Nérac), 2011

https://www.centrecultureldupaysdorthe.com/le-pays-d-orthe/st-lon-les-mines/st-lon-les-mines-2